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Pyrale du buis : point sur la situation dans le département de l’Aveyron

 

La pyrale du buis, espèce invasive originaire d’Asie Orientale, a été introduite accidentellement en France en 2008. Elle serait arrivée via le commerce de buis ornementaux.

Au cours des 9 années sur le territoire, elle s’est propagée dans 70 départements, tout d’abord sur les buis ornementaux et de façon exponentielle en forêt depuis 2014. Le département de l’Aveyron a été colonisé en 2014. La pyrale a été signalée en forêt en 2016 et s’est largement répandue cette année, en particulier dans la vallée du Lot d’Espalion à Capdenac, dans la vallée de l’Aveyron à proximité de Najac, et dans le Sud-Aveyron (secteurs de St Affrique, Montlaur). Elle est susceptible d’atteindre toutes les zones plantées en buis.

Sa chenille occasionne d’importants dégâts dans les parcs et jardins et dans les milieux naturels.

La lutte, préconisée dans les parcs et jardins, est impossible à mettre en place dans les massifs forestiers, compte tenu des contraintes techniques, économiques et environnementales.

Description et biologie

Les chenilles de cet insecte ont une tête noire, leur corps est vert clair, strié longitudinalement de vert foncé et ponctué de verrues noires et de longs poils blancs isolés.

Après 4 semaines au stade chenille, elles tissent leur cocon, pendues par la queue, entre les feuilles. Elles en sortiront sous forme de papillon adulte.

Les œufs sont pondus sur la face inférieure des feuilles. Les jeunes stades larvaires apparaissent 2-3 semaines après chaque pic de vol. La pyrale peut produire 2 à 3 générations par an. La dernière génération passe l’hiver sous forme de chenille dans des cocons tissés entre les feuilles du buis.

Moyens d’observation

L’observation des buis, permettant la détection précoce de la pyrale et le suivi d’évolution des populations, est un préalable indispensable à l’organisation de la lutte et conditionne son efficacité :

  • Observer minutieusement tous les nouveaux pieds achetés ou à planter.
  • En février-mars, surveiller les buis de manière régulière et avec soin, jusqu’au cœur de la plante, à la recherche de chenilles hivernantes pour intervenir le plus tôt possible.
  • D’avril à octobre, surveiller les vols de papillons avec des pièges à entonnoir associés à la phéromone spécifique de la pyrale.

Dégâts et conséquences

Dès le mois de mars, les chenilles se nourrissent des feuilles de buis. Elles décapent tout d’abord la face superficielle des feuilles pour, en grandissant, dévorer l’intégralité du feuillage de leur hôte.

En cas de forte infestation, l’écorce verte des rameaux et du tronc est également attaquée. Ces derniers dommages sont à l’origine de dépérissements marqués, correspondant à la mortalité totale ou partielle des parties aériennes.

La pyrale n’occasionne pas de dommage significatif sur d’autres essences que le buis.

Les conséquences de cette défoliation sont nombreuses aussi bien pour les buis ornementaux que dans le milieu naturel.

Bien que le buis ne soit pas considéré comme une essence de production forestière, il fait partie intégrante des peuplements forestiers. Particulièrement présent en sous-étage, il contribue à l’ambiance forestière (régulation de la température), à la tenue des sols et abrite une importante biodiversité.

Certaines buxaies naturelles constituent des peuplements patrimoniaux de par leur ancienneté, leur développement ou leur place dans le territoire. Les zones atteintes par la pyrale sont plus sensibles aux départs de feux de forêt.

Les chenilles ne sont pas urticantes, toutefois leur présence abondante constitue une gêne majeure à la fréquentation des massifs.

Durant chaque essaimage, les vols de papillons constituent une véritable gêne pour les riverains. Des pluies de papillons, attirés par les éclairages, peuvent se déverser dès la tombée de la nuit dans les zones urbanisées. Ils peuvent contrarier le fonctionnement de certaines installations (colmatage d’échangeurs de groupes frigorifiques et climatisations). Ils peuvent ponctuellement perturber les conditions du trafic routier en réduisant la visibilité.

La lutte dans les parcs et jardins

Les solutions suivantes peuvent être préconisées :

Mesures préventives :

  • Retirer les feuilles mortes et autres débris accumulés sur et autour des buis.

Moyens de lutte :

  • Dans le cas d’une faible infestation, supprimer manuellement ou mécaniquement (appareil à air ou eau sous pression, souffleur …) les stades du ravageur en présence.
  • Le compostage des rémanents permet de détruire les œufs et les chrysalides. La limitation de leur transport vers les déchetteries ne permettrait pas de prévenir la propagation de ce ravageur sachant que la dissémination naturelle par le vol des papillons est très importante.
  • Traitement à base de Bacillus Thuringiensis (var. kurstaki ABT-351) en présence de jeunes chenilles, 1 semaine après le pic de vol.
  • Le piégeage, par piège à phéromone, constitue une méthode de lutte complémentaire lorsque les papillons sont peu nombreux.

Perspectives de lutte en forêt

Une lutte par traitement dans les zones forestières n’est pas envisageable actuellement aussi bien sur le plan technique (accès en forêt, épandage en sous-bois), économique (analyse coût/bénéfice) qu’environnemental (impact sur les lépidoptères sauvages et protégés).

A moyen terme, la recherche de parasitoïdes de la pyrale du buis, en particulier des trichogrammes oophages, pourrait constituer une solution durable pour le milieu forestier.

Rappel de la réglementation sur les feux

Le brûlage des buis coupés est interdit dans les cas suivants :

  • Parcs et jardins ;
  • Zones boisées ou situées à moins de 200 m des lisières boisées, sauf pour les propriétaires de ces bois ou les personnes mandatées par les propriétaires ;
  • Périodes d’interdiction générale des feux en situation de sécheresse.

Le brûlage sur place des rémanents ne se justifie pas en raison de l’importance de la dissémination naturelle de la pyrale. Aucune dérogation à la réglementation des feux n’est donc prévue.

Actions de surveillance et de recherche

Avec la prise de conscience de ce phénomène, plusieurs mesures ont été engagées afin de répondre aux enjeux :

  • Suivi des zones défoliées par la pyrale réalisé en continu par les correspondants-observateurs du Département de la Santé des Forêts afin de mieux cerner la dynamique des populations de cet insecte invasif dans le milieu naturel.
  • Programme « Save Buxus » 2014-2017 de mise au point et d’évaluation de solutions de bio contrôle, engagé par l’Inra d’Avignon et regroupant plusieurs partenaires techniques et scientifiques.
  • Programme « Biopyr », initié depuis début 2017 entre l’Inra et la région Auvergne-Rhône-Alpes, afin de collecter et élever les insectes parasitoïdes et prédateurs déjà présents dans le milieu naturel dans le but de trouver et favoriser les plus efficaces.
  • Étude sur les risques incendies dans les buxaies défoliées par la pyrale menée par l’ IRSTEA de Grenoble.

Pour de plus amples informations, vous pouvez consulter les sites ci-après :

http://draaf.paca.agriculture.gouv.fr/La-pyrale-du-buis-s-attaque-a-la
http://draaf.occitanie.agriculture.gouv.fr/La-pyrale-du-buis