Respect des droits

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Les constats

 

 En 2000, l’enquête ENVEFF qui rapportait qu’une femme sur 10 en France était victime de violences a fait découvrir l’ampleur d’un phénomène que peu de monde soupçonnait. Celle-ci a mis en évidence de multiples formes de violences : violences conjugales, viols, harcèlement sexuel, prostitution, mariages forcés, mutilations sexuelles ou polygamie. Elle a également permis de cerner le silence qui recouvre les violences envers les femmes et a assurément souligné la carence de l’écoute tant des institutions que des proches.

Sur le plan économique, un rapport du Centre de recherches économiques, sociologiques et de gestion (CRESGE) a évalué à minima, le coût des violences conjugales à 1 milliard d’euros par an en France. Cette étude a permis d’identifier de nombreux domaines d’impact (recours aux soins hospitaliers et ambulatoires, gestion sociale des violences conjugales, coût indirect attribuable aux décès et handicaps évitables, pertes de production non marchande associées aux décès évitables, pertes de revenus des auteurs dues à leur incarcération).

En Aveyron :

En zone police, l’augmentation du nombre de procédures judiciaires concernant les violences dans le couple est significative depuis 2007 et se maintient en 2008 avec 70 procédures enregistrées. Il est à noter que la part des violences conjugales dans le total des violences volontaires, particulièrement élevée, est passée de 30 % en 2005 à 42,4 % en 2007 pour revenir à 34 % pour les 10 premiers mois de 2008. Les violences dans le couple incombent pour 41 % au concubin de la victime, 35 % à l’époux, 17 % à l’ex-concubin et 6 % à l’ex-époux .
L’étude de la main-courante informatisée, sur laquelle sont recueillies les déclarations de différents entre époux ou concubins et enregistrées les interventions de police-secours pour les mêmes faits, révèle que les signalements de différents au sein des couples sont stables au cours des quatre dernières années à Millau et Decazeville, mais ont connu une forte augmentation en 2008 à Rodez.

En zone gendarmerie avec 75 procédures sur les 10 premiers mois de l’année, les faits de violences conjugales reviennent au niveau de 2006. L’année 2007 avec 121 plaintes et 3 décès (2 victimes et 1 auteur de violence) avait été particulièrement grave.
La part des violences conjugales sur l’ensemble des faits de violences intra-familiales est de 84 %. 21 % des violences sont commises par des ex (ex conjoint, ex concubin) et un auteur sur 4 est alcoolisé au moment des faits. Un auteur sur deux est placé en garde à vue et un sur deux fait l’objet d’une réponse pénale immédiate.

Toutefois les plaintes pour violences représentant seulement 9 % des situations existantes au niveau national, l’accompagnement des victimes par les services sociaux et les associations reste prioritaire.

Ainsi le CIDFF a accompagné gratuitement 91 victimes de violences conjugales en 2008 sur l’ensemble du département dont 35 sur le territoire de la communauté d’agglomération du Grand Rodez (accompagnement juridique, soutien psychologique et accompagnement vers l’emploi). L’Adavem a, quant à lui, apporté un soutien psychologique à 53 femmes victimes durant l’année 2008.